ActualitésÊtre entraîneur-chef en temps de pandémie

Pier-Alexandre Poulin, entraîneur-chef et directeur-gérant

Au Cégep Beauce-Appalaches, la grande famille des Condors compte plusieurs équipes sportives : Football, soccer, hockey… Comme pour les professeurs, relever des défis fait partie de la définition de tâches des entraîneurs. Et comme pour les professeurs, nos «coachs» font aujourd’hui face à l’inconnu causé par un virus particulièrement vicieux. Comment relèveront-ils celui-ci? Rencontre avec Pier-Alexandre Poulin, entraîneur-chef de l’équipe de hockey des Condors.

Un « petit » gars de la région des Condors

Natif de Beauceville, Pier-Alexandre a quitté la région à l’âge de 15 ans afin d’aller jouer au hockey élite. Sa carrière de joueur terminée, il a continué à vivre sa passion pour le hockey en tenant différents rôles au sein de Hockey Canada. Il nous est revenu d’Alberta en 2019. À 32 ans, il est maintenant directeur-gérant et entraîneur-chef des Condors de la Ligue de hockey junior AAA du Québec (LHJAAAQ).

Des Condors font leur nid ici

Son équipe est composée de jeunes hommes âgés entre 17 et 20 ans. Ceux-ci proviennent d’un peu partout au Québec. Ce qui les rassemble est leur amour du hockey. Parce qu’il ne faudrait pas croire qu’ils sont et pensent tous pareils! C’est pourquoi un bon entraîneur doit savoir écouter et s’adapter aux tempéraments de ses joueurs. « Connaître ses joueurs permet d’en tirer le meilleur. Certains ont besoin de se faire expliquer le pourquoi, d’autres veulent avoir de la pression. Une équipe est aussi bonne que son maillon le plus faible. Tous les joueurs ont des forces. Ces forces doivent être mises en valeur dans un rôle que le joueur accepte de jouer », a expliqué M. Poulin. Ne vous attendez donc pas, par exemple, à ce qu’on demande à un gardien de devenir un marqueur de 50 buts.

Un coach prêt à tout

Un bon entraîneur est « structuré, organisé et a un plan. Mais il faut savoir se virer sur un 10 sous et s’adapter » a-t-il ajouté. S’adapter dans le cours d’un match, d’une pratique, d’une saison. Bref, l’imprévisible fait partie du plan jusqu’à ce que…

Coronavirus, vous avez dit coronavirus? La pandémie ne change pas le monde, sauf « que ce n’était pas prévu. Je n’ai pas pu tenir de pré-camp. Nous avons dû nous adapter. Les circonstances sont spéciales. Mais nous sommes très fiers de la réponse de nos joueurs », a indiqué le meneur en chef.

Un instructeur-chef organisé

Obtenir du succès au hockey exige l’engagement de chacun. Et ce dernier passe par un fort esprit d’équipe. Or, règles de la Santé publique obligent, joueurs et entraîneurs se soumettent à de nouvelles obligations. « Les gars partagent deux ou trois vestiaires. La même vidéo est montrée deux ou trois fois, le même discours est tenu deux ou trois fois. Les réunions d’équipe sont difficiles. On ne peut pas être plus que 25 personnes à la fois quand toute l’équipe incluant les entraîneurs compte plus de monde! Alors on sépare les gars dans les gradins lorsqu’on veut s’adresser à tout le monde en même temps», a résumé l’entraîneur-chef.

Sur la glace, le premier rang du Défi-Bauer aurait été à l’enjeu si le tournoi n’avait pas été suspendu par la LHJAAAQ. « Les gars étaient prêts. Ils veulent jouer. Les joueurs ne sont pas durs à motiver. La situation n’est pas parfaite, mais c’est mieux que de ne pas jouer du tout. Nous allons essayer d’organiser des matchs hors concours», a fait savoir le motivateur en chef.

Un entraîneur-chef qui s’adapte

Enfin, les amateurs de hockey auront constaté que le sport en temps de pandémie se joue différemment. Les équipes divisées en bulle, le hockey joué à 4 contre 4, sans contact…. On revient à la faculté d’adaptation. « On ajuste nos stratégies et nos bulles à l’adversaire. C’est différent aussi pour les joueurs. Il y a plus d’espace sur la patinoire. Ça crée de la confusion. Nos gardiens voient plus d’échappées et de deux contre un. Mais ils sont bons! Nos joueurs qui aiment jouer robuste doivent sortir de leur zone de confort, utiliser plus leur vitesse. Enfin, sur le plan collectif, le hockey à 4 contre 4 est un jeu de possession de rondelle. Il ne faut plus s’en débarrasser. Le joueur doit attendre le bon moment, la bonne opportunité », a conclu l’entraîneur-chef. Adaptation, donc, encore et encore.