ActualitésEntraîneur-chef et pandémie

Un entraîneur-chef avec des réponses

Le Cégep Beauce-Appalaches compte de nombreuses équipes sportives. Les Condors jouent notamment au hockey, au soccer, au volleyball et au football en temps normal. Mais nous sommes maintenant en temps de pandémie. Soudain, les normes d’une saison de football sont rondement bousculées. Docteur, dans la vie de tous les jours, comment est-ce que ça se vit sur un terrain de football? Allons de ce pas consulter un entraîneur-chef spécialiste de la chose (c’est gratuit).

Marc Loranger est entraîneur-chef des Condors depuis 2018. En près de 35 ans de coaching aux niveaux collégial et universitaire, ce spécialiste de la défensive a occupé les positions d’entraîneur-chef, adjoint et spécialistes des unités spéciales pour différentes institutions, incluant Équipe Québec.

Diriger les Condors : Une école de vie

Comme spectateur, on voit du football un sport axé sur la robustesse : Des blocs, des plaqués et du muscle au cm carré. Or, pour M. Loranger, le football est beaucoup plus que ça, notamment à cause de tout son aspect collectif. Sur un terrain, aucun joueur ne se distingue seul. Pour cet entraîneur de carrière, son métier se rapproche de celui d’un enseignant. « Le football est une école de vie. Il y a beaucoup de travail en classe, de vidéos. Les coaches enseignent des tactiques, des techniques. Les instructeurs inculquent des valeurs de respect de soi, de ses coéquipiers et de ses adversaires. Nous formons des joueurs d’équipe, de bons citoyens. Nous sommes partenaires dans le développement personnel et collectif du joueur. Un bon entraîneur est un bon communicateur. Son message est clair. L’athlète aime savoir à quoi s’attendre. De plus, il faut le garder motivé, » a-t-il énoncé.

Mener les Condors : Positifs et engagés

On le sait, la saison devait commencer le 22 août dernier. Aucun match n’a encore été disputé. Alors, comment faire pour garder des jeunes hommes de 17 à 20 ans impliqués, frais et dispos? « Nous sommes chanceux. Nous avons un bon groupe de joueurs, des bons gars, du bon monde. On ne sait toujours pas quand nous allons jouer. Les horaires de match changent et continuent de changer. Or, nous restons positifs et planifions nos entraînements pour faire en sorte de garder nos gars affamés. Nous gérons leur nombre de pratiques ainsi que les fatigues physiques et mentales (on joue quand, coach?). Sur le terrain, les segments sont brefs et variés. Les joueurs n’endossent pas toujours le même chandail. On veut que le joueur garde un haut niveau de motivation. Nous souhaitons entendre nos gars être déçu lorsque la pratique se termine », a-t-il expliqué.

Enseigner aux Condors : Développement

Au football, les joueurs bénéficient de neuf mois de préparation pour jouer trois mois. Ces jours-ci, sans compétition contre des adversaires, comment ça se passe pour des jeunes hommes en pleine forme pas reconnus pour être particulièrement peureux? « Comme entraîneurs, nous visons le développement de l’étudiant-athlète. On veut voir la recrue comme le finissant continuer de progresser, qu’il devienne le meilleur possible. Dans le cadre d’une partie simulée entre coéquipiers (scrimmage), on contrôle l’environnement et on filme la partie. Ensuite, on explique aux joueurs les correctifs à apporter », a-t-il ajouté.

Gagner : Attitude

Selon l’entraîneur-chef d’expérience, une bonne équipe est composée de bons joueurs, de bons leaders et de bons coéquipiers. L’influence du vestiaire est déterminante dans la victoire. C’est l’attitude qui mène. Et la discipline. Et comprendre que contribuer à rendre meilleur un coéquipier c’est aussi un succès personnel.

Choyés malgré tout

Que vont retenir nos étudiants-athlètes de cet automne très spécial? « La patience! La persévérance! », a commencé le meneur en chef des Condors avant de conclure, désolé par la situation actuelle. « Le Cégep Beauce-Appalaches offre de très belles installations. Peu de cégep peuvent en dire autant. Le programme est attrayant. Les joueurs sont choyés. Nos finissants mériteraient de montrer leur savoir-faire aux recruteurs. Et nos jeunes voudraient mettre en pratique ce qu’ils apprennent ». Mais, comme le chantait si bien celui qui voulait devenir un artiste, dans la vie, on fait ce qu’on peut, pas ce qu’on veut.